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La santé au travail des femmes, un « enjeu majeur de santé publique »


Pour l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), il existe une dégradation de la santé des femmes au travail depuis plusieurs années. Le nombre d’accidents du travail est en hausse chez les travailleuses, comme le montre le rapport de l’Anact sur la sinistralité du travail en France. Plus que jamais, une politique de prévention adaptée est nécessaire.

Le saviez-vous ? PmSm vous accompagne dans la mise en place des démarches de prévention santé, RPS et QVT.

 

Une progression du nombre d’accidents du travail chez les femmes depuis 2001

 

Entre 2001 et 2019, les accidents du travail ont été globalement moins nombreux selon l’Anact, qui relève une baisse de 11 %. Mais l’évolution est très différente selon que les travailleurs soient des hommes ou des femmes.

Chez les hommes, le nombre d’accidents du travail a en effet baissé de 27,2 % entre 2001 et 2019, alors qu’il a augmenté de 41,6 % pour les femmes. Plusieurs secteurs sont particulièrement concernés pour les femmes : la santé et l’action sociale, les activités de nettoyage, le travail temporaire, ou encore les services, les commerces et les industries de l’alimentation. Tandis que chez les hommes, c’est toujours le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) qui est le plus concerné par les accidents du travail. Ces accidents impactent aussi plus fortement la santé des femmes : elles sont arrêtées « plus longtemps que les hommes », remarque l’Anact.

 

Les femmes sont plus exposées aux troubles musculo-squelettiques et aux risques psychosociaux

 

Les femmes sont aussi nombreuses que les hommes à déclarer des maladies professionnelles. Mais il faut relever plusieurs tendances : chez les femmes, les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS) sont deux fois plus importants que chez les hommes. L’Anact cite par exemple des conditions de travail pénibles pour les emplois à domicile auprès de personnes âgées. Or, ces emplois sont majoritairement occupés par des femmes.

Les femmes sont aussi plus exposées aux risques psycho-sociaux. Plusieurs raisons sont avancées :

– Des contraintes d’organisation plus importantes entre vie familiale et vie privée, avec un effet « double journée », alors qu’il existe encore de nombreuses inégalités dans le partage des activités domestiques.

– Des postes moins élevés dans la hiérarchie, avec une autonomie plus limitée.

– Des exigences émotionnelles : un rapport de l’INSEE publié en mars 2022 montre par exemple que les femmes sont plus nombreuses à estimer « devoir cacher leurs émotions ou faire semblant d’être de bonne humeur».

 

Quelles solutions pour une meilleure prévention de la santé des femmes au travail ?

 

Pour l’Anact comme pour Santé publique France, « une approche par le genre » est nécessaire pour améliorer la prévention de la santé au travail chez les femmes. Les facteurs de risques sont méconnus et ne sont pas suffisamment évalués.

Le Code du Travail (loi du 4 août 2014) pose le principe de la prévention selon le genre : « l’impact différencié de l’exposition au risque en fonction du sexe » doit en effet être intégré au document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Pour les entreprises, cela fait donc partie des démarches de prévention à mettre en place dès maintenant !