Le temps excessif passé devant les écrans est devenu un sujet de santé publique, tant il entraîne des conséquences sur la santé physique et mentale : troubles du sommeil, fatigue chronique, anxiété et stress… En milieu professionnel, l’hyperconnexion affecte la vigilance et le bien-être des salariés au quotidien. Comment aborder ce sujet au sein de votre entreprise, sans empiéter sur la vie privée des salariés ?
La surexposition aux écrans a des effets sur la santé physique et mentale
Le temps passé sur les écrans ne cesse d’augmenter, tous écrans confondus. En 2025, les Français ont passé 5h07 par jour en moyenne à consulter un smartphone, un ordinateur ou à regarder la télévision. Soit deux heures de plus qu’en 2015.
Une étude relayée par le ministère de l’Économie pointe des effets très négatifs. La surexposition aux écrans, c’est-à-dire aux médias sociaux et à une actualité anxiogène, « peut être associée à une détérioration de la qualité du sommeil et à une plus forte prévalence de troubles psychologiques. »
Les spécialistes relèvent plusieurs conséquences notables sur la santé physique et psychique des adultes :
- Des troubles du sommeil, qui génèrent un épuisement et une fatigue chronique ;
- Une plus grande sédentarité et une diminution de l’activité physique. Or, la sédentarité est associée à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, de cancers ou encore de diabète de type 2 ;
- Des douleurs et troubles musculosquelettiques en raison de mauvaises postures répétées.
En entreprise, des leviers concrets pour sensibiliser et aider à déconnecter
L’hyperconnexion : des mécanismes comportementaux proches de l’addiction
À ce jour, l’hyperconnexion n’est pas reconnue comme une addiction, comme le précise le réseau Addict’Aide. Néanmoins, il existe de nombreux points comportementaux communs. Parmi lesquels une perte de contrôle, une difficulté à s’arrêter, une réelle anxiété et des conséquences sur la vie privée comme sur l’activité professionnelle.
Dans une étude publiée en 2023, l’Insee relève par exemple une « sensation d’obsession vis-à-vis des écrans », ainsi qu’un risque plus élevé de dépression et de conflit avec l’entourage. Selon l’Institut national, un tiers des internautes interrogés ressentent un effet négatif et tentent de limiter leur temps de connexion, mais tous n’y parviennent pas.
En parler sans empiéter sur la vie privée
L’hyperconnexion entraîne des conséquences en milieu professionnel. Des salariés qui souffrent de troubles du sommeil peuvent être moins vigilants et moins performants. L’absentéisme est plus important en cas de pathologies graves : maladie cardio-vasculaire, AVC, cancers… Et la santé mentale est aussi un sujet à ne pas négliger, face à des collaborateurs anxieux, stressés ou déprimés.
Pour autant, le champ d’intervention de l’entreprise est limité : les habitudes de vie des salariés relèvent de la sphère privée. Il existe toutefois différents leviers pour agir en prévention, sans cibler des individus ou des comportements spécifiques.
Ces mesures de prévention prennent plusieurs formes.
- Une sensibilisation par des professionnels (infirmières en entreprise, psychologues du travail…) pour informer sur les risques de l’hyperconnexion et sur les mécanismes. Ces actions d’information peuvent prendre la forme de rencontres, de débats ou d’ateliers.
- Un accompagnement auprès des salariés qui en expriment le besoin.
- Une concertation avec les représentants du personnel, le Comité social et économique (CSE) et les managers pour mieux identifier les besoins des salariés et les situations à risque.
Avec le cabinet PSO, PmSm propose plusieurs dispositifs pour mieux tenir compte des risques psychosociaux et mettre en place une démarche de prévention en santé mentale.
Sources :
- L’économie de l’attention à l’ère du numérique, ministère de l’Économie ;
- En 2023, un tiers des internautes ressentent au moins un effet néfaste des écrans, étude Insee 2023.
