En France, 70 % des femmes exercent un emploi au moment de leur grossesse, selon les chiffres du Sénat. Cette situation entraîne des enjeux de santé : la loi encadre strictement les conditions de travail des femmes enceintes. Au-delà du droit, l’entreprise a aussi un rôle à jouer pour favoriser un environnement bienveillant et éviter les situations de rupture professionnelle.
Les infirmières et infirmiers d’entreprise sont des atouts pour accompagner les salariées pendant cette période. Morgane Reynaud, chargée de suivi opérationnel chez PmSm, et Théo Quaranta, infirmier en entreprise, apportent leurs témoignages.
L’infirmerie d’entreprise : un accompagnement pendant la grossesse et au moment du retour à l’emploi
Sans se substituer au suivi médical ni à la médecine du travail, l’infirmière (ou l’infirmier) d’entreprise propose une aide et une écoute pendant la grossesse ainsi qu’à la reprise de l’activité professionnelle.
Proposer un lieu de repos et d’écoute pour les femmes qui le souhaitent
Au quotidien, l’infirmière (ou l’infirmier) d’entreprise n’est pas responsable du suivi médical des femmes enceintes. En revanche, elle ou il peut mesurer la tension artérielle : c’est un indicateur important pendant la grossesse. L’infirmerie d’entreprise peut aussi permettre à la salariée enceinte de se reposer ou de s’étendre, en cas de nausées ou de “coup de barre”.
« Notre rôle, c’est aussi l’écoute et le conseil », rappelle Morgane Reynaud. Apporter une oreille attentive et « aider dans certaines démarches ». Théo Quaranta, infirmier en entreprise, précise : « nous pouvons leur rappeler ce qui est mis en place au sein de l’entreprise, ou partager les coordonnées d’associations qui aident à s’équiper en matériel de puériculture par exemple ».
Contribuer à la mise en place d’actions pour améliorer les conditions de reprise
« L’accompagnement au moment de la reprise est l’un des facteurs clés pour assurer la continuité d’activité et le bien-être de la salariée », estime Morgane Reynaud. Chez PmSm, les professionnels de santé peuvent aider à la mise en place de lieux dédiés aux jeunes mamans. Théo Quaranta a ainsi participé à l’ouverture d’une salle destinée aux jeunes mères qui souhaitent tirer leur lait. « Cette solution permet de disposer d’un espace dédié et confortable. Cela répond à la demande de plusieurs femmes qui reprennent leur activité à mi-temps ou à temps partiel : c’est plus rassurant quand tout est prévu. » Une démarche qui s’inscrit pleinement dans l’amélioration des conditions de travail !
Bon à savoir : La prévention santé et la qualité de vie et des conditions de travail sont des leviers de performance sociale en entreprise. Faites appel à PmSm et à PSO pour améliorer votre démarche QVCT !
En entreprise, le Code du travail encadre la grossesse
Une obligation de sécurité et de prévention des risques
Le Code du travail prévoit plusieurs dispositions pendant la grossesse et le congé maternité (articles L1225-4 et L1225-4-1 du Code du travail). La salariée a le choix d’annoncer, ou non, une grossesse à son employeur (article L1225-2). Néanmoins, pour que les conditions de travail puissent être adaptées ou discutées, il est préférable que l’employeur soit prévenu. Des aménagements du poste sont alors être mis en place. Des changements d’affectation sont possibles dans le cadre du travail de nuit, par exemple. Ce changement est effectué à l’initiative de l’entreprise sur demande de la salariée, ou encore par la médecine du travail.
La convention collective prévoit aussi des dispositions
Les conventions collectives imposent des dispositions plus favorables. Des pauses supplémentaires par exemple, une réduction des horaires de travail ou des mesures adaptées à la branche d’activité. Certaines entreprises vont plus loin en proposant une charte interne. « Les enjeux portent notamment sur l’ergonomie du poste, la gestion de la fatigue ou encore l’adaptation du rythme de travail », détaille Morgane Reynaud.
La prise en charge des salariées enceintes reste un réel enjeu pour l’organisation de l’entreprise. Selon l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), les arrêts de travail pendant la période de grossesse peuvent être liés « à des conditions de travail insuffisamment adaptées ». « L’accompagnement managérial est déterminant, rappelle Morgane Reynaud. Un dialogue précoce et bienveillant permet d’anticiper les besoins, d’adapter l’organisation et de sécuriser le maintien en poste dans de bonnes conditions. »
